lettre d'amour

 

Je m’y suis rendu tôt le matin. Le soleil était déjà bien doux, juste ce qu’il fallait de chaleur pour me faire sentir qu’il était bien présent. Je suis arrivé sur cette plage, presque vide de monde, le drapeau n’était pas encore en place. Vert, orange ou rouge, peu m'importait. Cette eau et ce sable m’attiraient. De toute façon quand un vent de bonheur vous pousse vers quelque chose, le danger semble bien minime à côté. Il y avait une petite brise, juste assez pour porter à mon nez cette sensation de fraîcheur de la mer, cette senteur de vacance qu’on voudrait avoir dès qu’on descend d’un avion. Je me sentais bien. Je marchais sur le sable, qui sous chacun de mes pas, se craquelait. Je jetais un œil, peut être deux, sur la mer qui était bien calme. Je voyageais déjà je crois dans un autre monde, celui ou le stress, la fatigue, les problèmes, plus rien de ce genre n’avait sa place. Marcher, mais pour aller où ? Chercher le bon emplacement pour profiter au mieux de ce paysage qui s’offrait à moi. La montagne se battait avec l’océan, ni l’un ni l’autre ne gagnait. Ils creusaient une falaise entre eux-deux, remplie de cailloux. Deux forces de la nature qui se rencontraient, mais qui donnaient l’impression de se détester. Pour l’homme que je suis, j’étais ébloui par ce spectacle. Je ne suis plus rien, je me sens petit, moi le petit qui peut en profiter humblement. Je m’allongeais sur ce sable. J’avais envie de me laisser aller. Je fermais les yeux pour oublier, oublier tout ce qui pouvait me faire du mal, du bien, faire le vide, ne plus penser à rien. J’entendais le chant des vagues. L’eau qui se fracassait sur les quelques rochers. Je pourrais là, juste m’endormir, telle une mère qui berçerait son enfant. Au loin, j’entendais un chien aboyer. Peut être appelait t’il son maître. Peut être avait t’il faim. Qu’en sais-je en ayant les yeux fermés. Pourquoi m’inquiéter, ce n’était pas mon chien après tout. Je laissais alors mon imagination voyager au grès des bruits qui se portaient à mes sens. Je faisais mon petit film, celui qui me convenait le mieux. Peut être qu’à un moment j’ai ouvert les yeux. Tantôt j’ai pu alors voir un paille-en-queue qui volait tout là haut dans ce ciel bleu. Mais après tout pourquoi fermer les yeux, pourquoi ne pas regarder, pourquoi ne pas apprécier. Apprécier quoi ? Ce couple, qui allongé sur le sable ne cessait de s’enlacer. Fallait t’il regarder cela et se faire du mal ? Oui j’ai regardé, mais j’ai été bien malheureux de le faire. Pendant deux minutes, ils se sont donnés plus de baisers que j’en ai eu pendant ces derniers cinq mois. C’est alors déchirant de s'en rendre compte. Mortel de le vivre en direct. Comment se fait t’il qu’un homme puisse avoir tant de tendresse, tant d’Amour pour une femme, mais qu'il faille attendre encore pour les baisers ? J’en ai à donner. J’en ai à prendre, beaucoup, et certainement jamais suffisant. Je détournais mon regard pour ne pas souffrir, pour penser à autre chose. Mais quand l’envie, le désir est présent, plus rien ne peut le remplacer. On se sent un peu abandonné, pourtant tout autour, la plage s’est remplie doucement. J’entends les gens parler. Je vois les uns et les autres qui se font des projections d'eau. Ils rient,  courent, sautent, creusent, et moi qui attends là calmement.  Ceux là ne peuvent lire en moi, ne peuvent voir le bonheur qui s’y cache. J’ai envi dans ces moments là de l’extérioriser, de le crier haut et fort, que moi aussi je suis heureux, heureux d’avoir une femme telle que toi dans ma vie. Mais tous me prendraient certainement pour un dingue, car ils ne savent voir qu’avec leurs yeux, et ils ne te verront pas. Pourtant tu es si proche, tu es en moi.  Je sais très bien ce que j’attends. Quand je le réalise vraiment, je me sens à nouveau bien. Je sais que mon bonheur à moi, dans ce cadre là, est mis un peu en attente. Je me demandais un instant si un film a été tourné sur cette plage ? Non bien sur, évidement que non, ça se saurait.  Mais c’est une plage pour Aimer, car je vois des gens s’aimer. C’est une plage pour moi, car je sais aimer. Je me dis alors que j’emmènerai celle que j’aime à cet endroit. Je l’embrasserai tant que je voudrai. Je la prendrai dans mes bras sans m'en lasser. Je cesserai de regarder ce paysage pour ne regarder qu’elle. Ce paysage qui m’éblouissait ce fut un temps, deviendrait bien fade face à sa beauté. Le mélange des deux m’apporterait alors un bonheur complet. Je pensais à tout ça moi sur cette plage ? Je voyais tout ça ? Oui certainement, car pour le raconter faut peut être l’avoir vécu un minimum. J’ai appris la patience, mais je ne veux pas apprendre ce qu’est l’infini. L’infini c’est l’océan qui s’offrait là devant mes yeux. L’infini c’est quant on dit qu’il y en a encore et encore. Alors j’étais là, allongé sur ce sable, les yeux ouverts, et je me disais que cet océan beau et puissant à  la foi est comme mes sentiments pour toi : Infini ! Je ne pourrai jamais  tout dire, tout faire pour te le montrer. Tu pourras sans doute n’en voir que les contours. Le reste est à ressentir quand tu t’approcheras de moi, comme cette senteur de vent frais lorsqu’on s’approche d’une plage. Je pourrai alors enfin voir tes yeux étoilés, tes yeux mouillés de pluie ou d’un trop plein de bonheur, mais voir tes yeux un point c’est tout. Mon bonheur sera alors complet.

 

 

Ici on ne vend rien mais on partage notre bonheur ! 

L11